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Améliorer votre tir

Cours Jeunes Tireurs

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Art de l'immobilité, le tir est un sport difficile à corriger et diriger de l'extérieur ; du moins cela peut-il se compenser en partie par la transmission des fondements théoriques. Leur mise en oeuvre peut déjà vous permettre de défendre vos chances à un niveau susceptible de vous donner des satisfactions !

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Fréquenter souvent les entraînements libres est certainement un plus, ne serait-ce qu’à titre de familiarisation avec l’arme et son contexte ; mais «légumer» beaucoup de munition n’est pas nécessairement gage de grands progrès si l’on ne connaît pas les points techniques qui conditionnent le résultat.

On se focalise beaucoup sur la visée ; certes celle-ci doit être correcte, mais c’est là un point en principe rapidement maîtrisé.

Sachant qu'une fois pointée dans la bonne direction (=bonne image de visée),
l’arme doit demeurer parfaitement immobile jusqu’à ce que la balle ait quitté le canon, toute la question qui occupe le tireur de précision est : comment assurer cette immobilité ?

Elle s’obtient par une:

  • Bonne prise de position
  • Bonne prise de l’arme
  • Poursuite de la visée après le départ du coup


«Le tireur recherche une position aussi détendue et stable que possible» dit le manuel (point 4.1, p. 21).

Recherchez tout bonnement… votre confort ! Il y a stabilité lorsque les muscles du tireur n’ont pas à travailler pour empêcher l’arme de se déplacer vers la gauche, la droite, le haut ou le bas.

Recherchez donc la position qui fait le moins travailler vos muscles, et que vous pouvez tenir «indéfiniment» sans éprouver de crampes. Cet exercice peut très bien se faire à domicile (=tir à sec), même sans culasse : allongez-vous, épaulez votre fusil, recherchez une posture détendue et stable.

A ce moment, regardez à travers l’œilleton en faisant abstraction de toute cible particulière et appréciez à quel point vous pouvez être stable, et comme votre guidon reste dans une petite zone ! Seule votre respiration fait bouger le guidon dans l’axe vertical. Cette petite zone, c’est
le point naturel à viser, ou point zéro. Bloquez votre respiration après avoir expiré sans forcer. Si vous avez la culasse, allez au cran d’arrêt, augmentez insensiblement la pression, et admirez comme votre guidon reste stable au moment du départ du coup, qui a eu lieu comme par surprise. Félicitations, vous venez de comprendre simultanément les trois quarts de la théorie !

Prise de l’arme : en concours, les tireurs auront tendance à être nerveux. Si l’arme est tenue avec une force excessive, la situation empire et l’arme devient instable. Le tireur doit être entraîné à tenir son arme fermement, mais de façon détendue.

On a assez spontanément tendance à former un ensemble corps-arme stable. L’erreur fondamentale, c’est d’ignorer cette notion de point zéro, et de faire travailler ses muscles pour amener et maintenir à toutes forces le guidon sur la cible. D’où une mauvaise stabilité, une visée qui s’éternise (car l’image de visée n’est jamais vraiment bonne) chose dont il résulte un coup «arraché». (Un certain niveau de routine atteint, l’arrachage ne vient plus d’un doigt mal maîtrisé, mais d’une instabilité de la position qui incite le tireur à «vite» profiter d’une brève phase calme. Lorsque «rien n’urge» pour tirer car tout est stable, il n’y a plus de «coup de doigt». Si vous vous surprenez à longtemps hésiter, et /ou à être tenté de vite envoyer le coup, cela doit vous mettre sur la piste d’une position qui s’est détériorée.)

Le mérite de l’entraînement à sec (prise de position /départ du coup sans munition), qui sont un peu les "gammes" du tireur, c’est de vous faire mémoriser, de vous familiariser avec le bon ressenti, de sorte de le retrouver plus facilement en conditions réelles, alors que votre attention se disperse sur mille choses. Le naturel, ça se travaille, ceci de préférence sans munition.

Recréer un
ensemble corps-arme stable est votre tâche non seulement avant le premier coup d'un tir, mais également pendant tout celui-ci. Une erreur de débutant est de poser le fass à peu près au milieu de la stalle, et de s’adapter tant bien que mal à cet emplacement comme on s’installerait à un banc et une table en pierre. Non! Allongez-vous sur la stalle confortablement, amenez le fusil à votre épaule (et non le contraire), trouvez ou mieux re-trouvez une sensation de confort, de détente, et seulement alors observez où votre guidon pointe. Il sera probablement bien loin de la cible. Ce qu’il faut alors faire est de déplacer tout l’ensemble corps-arme de façon à garder le confort donc la stabilité, et de faire concorder le point zéro (endroit où pointe le guidon en l'absence d'efforts de votre part) avec la cible.

A ce stade-là, une autre erreur, commise par paresse, est de croire cette position acquise pour toute la passe, voire toute la saison ! Chaque coup (et tout simplement chaque minute qui passe) induit un léger déplacement, produit une légère modification de la position, de sorte que votre point zéro, même lorsque vous l’avez fait concorder soigneusement avec la cible au début, s’éloigne de plus en plus de celle-ci au fil de la passe. Imperceptiblement, vous retombez dans le travers
consistant à faire un effort pour amener et maintenir le guidon en cible.

Le point zéro, résultat d’une position et d’une prise d’arme détendues, doit être vérifié régulièrement au long du tir. Il y a un exercice moralement exigeant à faire (mais ô combien utile) qui consiste à ne regarder à travers l’œilleton qu’après avoir retrouvé les sensations justes. Vous serez amené à sensiblement rectifier votre position (pour retrouver la caractéristique de la stabilité et du confort), mais c’est à ce prix-là que votre point naturel à viser correspondra à nouveau avec la cible.

En résumé, l'enchaînement des causes et des conséquences est le suivant :

Moins d’efforts > plus de stabilité
Plus de stabilité > plus de temps pour lâcher le coup
Plus de temps pour lâcher le coup > un lâcher plus propre et une arme immobile aussi longtemps que la balle n’est pas sortie > de meilleurs résultats.

Voici une lecture plus approfondie (traitant du tir à bras franc à la carabine) mais de laquelle il y a tout un esprit à retirer.


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